Faire consulter un psy à son enfant : nécessité ou surprotection ?

12 mars 2017

Société

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Taboue à une époque, la consultation infantile chez le psychologue ou le pédopsychiatre est devenue une normalité. Par certains côtés, c’est une bonne chose, car les enfants ayant besoin d’une prise en charge l’obtiennent plus facilement. D’un autre côté, certains parents emmènent leurs enfants consulter pour des raisons bénignes, gaspillant leur argent, le temps précieux des professionnels, et mettant l’enfant dans une situation où il se pense différent ou anormal. Alors, dans quels cas amener son enfant chez un spécialiste ? Quand vaut-il mieux traiter le problème soi-même ?

Le développement du jeune enfant : laissez le temps au temps avant d’invoquer l’aide d’un pédopsychiatre

Nous vivons malheureusement dans une société où les gens sont en perpétuelle compétition les uns avec les autres. Cependant, ne faites pas subir à vos enfants les travers du monde moderne dès leur plus jeune âge : laissez-les se développer à leur rythme.

Si l’enfant de votre copine Lucie savait marcher à 9 mois, et que le vôtre, à 12 mois, ne tient debout qu’avec votre aide, cela ne sert à rien de dramatiser. Il en est de même pour toutes les étapes importantes du développement : la position assise, les premiers mots… Il ne sert à rien d’emmener directement l’enfant consulter un psy, cela pourrait même au contraire freiner son développement. L’endroit dans lequel le bébé évolue le mieux est le cadre familial : c’est avec votre amour, votre présence et vos encouragements que vous permettrez à votre petit humain de gagner en motricité. Un léger retard ne veut pas forcément dire que l’enfant traînera toute sa vie des difficultés d’apprentissage ; certains sont plus habiles que d’autres avec leur corps, voilà tout. Toutefois, si après ses un an et demi, votre enfant refuse toujours de marcher, il peut être important de consulter pour déceler un trouble potentiel.

Les difficultés scolaires : soyez vigilant

Après la période du développement arrive celle des premiers apprentissages scolaires, souvent sources de pression pour les parents. Sachez faire le juste milieu entre patience envers vos jeunes, et recherche des signes de difficulté.

Si l’enseignant de votre enfant vous fait remarquer qu’il rencontre quelques soucis avec ce dernier, identifiez les précautions à prendre. S’il s’agit de difficultés d’intégration avec ses camarades, il est recommandé d’essayer de régler le problème en interne avant de faire appel à un psychologue. Si les problèmes persistent, ou que le jeune rencontre de gros problèmes de concentration, vous pouvez aller consulter, tout en dédramatisant la visite auprès de l’enfant. Cependant, sachez faire la différence : si les problèmes se situent dans l’apprentissage, allez plutôt rencontrer un orthophoniste. Ce dernier sera plus à même d’aider votre fils ou votre fille avec les problèmes concernant la lecture, la diction, et décèlera les handicaps spécifiques tels que par exemple la dyslexie.

Grandir et se sociabiliser : savoir déceler les problèmes nécessitant l’intervention d’un psychologue

Lors de l’entrée dans la préadolescence, l’enfant démarre une période très importante de sa sociabilisation. Les jeunes de cet âge-là n’ont souvent pas conscience des conséquences de leurs paroles et actes, et peuvent être violents entre eux, verbalement et physiquement. Sachez déceler la normalité des réels soucis.

Il est important d’avoir une relation de confiance avec votre enfant afin que celui-ci n’ait pas peur de vous parler de ses problèmes s’il en rencontre. Souvent, les soucis sont liés à une faible confiance en soi, et le jeune peut s’en sortir avec votre simple appui et vos conseils. Il est inutile de dramatiser une simple dispute entre copains ou un léger changement de fréquentations. Si toutefois votre fils ou votre ville est victime de violences verbales ou physiques, a peur de se rendre en cours, se réfugie dans les jeux vidéo, dans les nouvelles technologies, ou peine à se faire de vrais amis, n’hésitez pas à l’emmener consulter un psy : un handicap social développé à cet âge-là poserait des problèmes dans sa vie professionnelle future. Restez tout de même dans la discrétion afin de ne pas aggraver les moqueries s’il y en a. N’oubliez pas d’en discuter avec lui avant de prévenir les adultes de son établissement scolaire.

L’entrée dans l’adolescence : une étape cruciale

Cet âge est celui de toutes les interrogations et de la prise d’indépendance. Psychologiquement, c’est une période éprouvante pour les jeunes. Cependant, agissez en parent responsable, et trouvez le juste milieu entre encadrement et responsabilisation.

Certains soucis, malheureusement fréquents à l’adolescence, s’accompagnent inévitablement d’une visite chez le psychologue. On parle ici des soucis dits « graves » tels que l’anorexie, la boulimie, les scarifications, ou encore la toxicomanie. Cependant, il est possible d’encadrer convenablement votre ado pour éviter l’apparition de ce genre de problèmes. À cet âge-là, certains d’entre eux sont assez matures pour déceler eux-mêmes leurs besoins, et vous feront part de leur nécessité de consulter si celle-ci se présente. Si vous sentez que votre jeune est encore un peu vulnérable, soyez présent sans en faire trop. Si vous le laissez de côté, il se fermera à vous et vous ne serez pas en mesure de détecter les potentiels problèmes. Si au contraire vous êtes trop présent, il risquera de se braquer. La meilleure solution est d’instaurer un dialogue régulier et une confiance mutuelle. Vous serez plus à même de déceler les vrais changements de comportement et les fausses alertes. Il n’est pas utile d’emmener consulter un ado pour un simple chagrin d’amour ou un abus d’alcool unique : il teste ses limites !

Il est important de bien connaître votre enfant pour déceler les vrais problèmes, et d’établir une réelle relation de confiance avec lui. Ainsi, il n’aura pas peur de vous faire part de ses inquiétudes, et vous pourrez mettre le nécessaire en œuvre afin de l’aider si besoin. Cependant, ne dramatisez pas ses actes : laissez-lui le temps et l’espace nécessaires pour évoluer à son rythme ! Il ne sert à rien de vouloir lui faire voir un psychologue ou un pédopsychiatre dès la moindre difficulté rencontrée : vous le feriez se sentir anormaux, et aggraverez ses troubles !

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